dimanche 6 décembre 2015

Canot indien en écorce

Canoë en écorce.




Cette année au Festival de Loire, nous avons eu la chance de partager notre stand d’exposition avec un belge. Tous le surnomment « Mayu », charpentier marine sur le bord du Lac Léman à Rolle. 
C'est un passionné, il y a 10 ans pour son plaisir, il a fait un stage en Amérique du Nord, pour construire un canot d’écorce. Ce canot il l’a ramené chez lui. Lors du Festival, nous étions tous charmés par son canoë.


Un peu d'histoire: 

Au début du 17è siècle, ces canots font l’admiration des premiers explorateurs qui descendent le St Laurent jusqu'aux grands lacs. Ces embarcations d'écorce de 5 à 10 m de long sur 1m à 1,20 m de large, ils sont bien plus rapides que leurs lourdes chaloupes, et surtout portables par un homme seul.
Ces canots indiens sont à l’origine  du développement et l’essor du canoë en Europe.
 
Le canot en écorce est apparu en Amérique, pour des besoins utilitaires, la pêche, mais surtout le transport des marchandises. C’est pour eux une nécessité, il est parfaitement adapté à l’environnement, le pays comporte de nombreux lacs et rivières, il devint le principal moyen de transport.
 
Les amérindiens, se déplaçaient beaucoup, en fonction des saisons,  pour la pêche,  le transport des fourrures,  pour faire du troc, du commerce. ..
Le canot en écorce utilise les ressources locales pour sa construction et ses réparations, dans son intégralité le canot est réalisé à partir de plantes. Les indiens avaient un profond respect de la nature, le continent est resté intact jusqu’à l’apparition des colons.
La construction du canoë en écorce fait appel à des techniques parfaitement maitrisées, les modèles diffèrent selon les régions et les populations, mais la technique de fabrication demeure sensiblement la même.

 

Les matériaux :

La coque  du canot : L’écorce de bouleau comporte beaucoup de qualité, résistant, imperméable et léger, c’est la matière principale, il se trouve en abondance sur l’ensemble du territoire. Les bouleaux sont bien plus développés que chez nous, la taille de leur tronc offre des plaques d’écorces de bonnes dimensions.
La structure en bois de cèdre, du spruce. Ce bois a de belle qualité, le spruce, est léger et facile à mettre en forme, il permet de constituer une bonne ossature.
Les liens, pour assembler les différentes parties sont réalisés avec des racines d’épinette, tranchées en deux dans le sens de la longueur. Les Indiens se tiennent soit à genoux, soit assis dans leurs canoës qu’ils propulsent à l’aide d’une pagaie simple. Alors qu’en Europe l’usage est à la pagaie double.

La construction :

 
Ces  bateaux d'écorces de bouleau sont assemblés à même le sol.
La feuille d’écorce est étalée sur un lit de sable, face externe sur le dessus. La face blanche habituellement visible se retrouve à l’intérieur du canot.
L’artisan y installe les plats bords, et les traverses (les barrots).
Il met du poids (des pierres) sur le fond du canot.
 
Les bords sont relevés à 90°et maintenus par des piquets plantés dans le sol, donnant une première forme approximative. 
 
Les pierres sont retirées. Les plat-bord extérieur serrent et coincent l’écorce. Des chevilles de bois sont utilisées pour solidifiées l’ensemble. A intervalle réguliers, une couture est réalisée avec  la racine d’épinette, bouillies, écorcées et fendues dans le sens de la longueur. La racine humide pour éviter de craquer. En séchant elle va serrer les pièces.
 
Des membrures en cèdre sont également bouillies pour pouvoir leurs donner cette forme arrondie à la coque, elles sont ensuite insérées et coincées sous les plats bords, tendant l'écorce et donnant sa forme à la coque,  enfin des planches de bordé en cèdre sont insérées entre ces membrures et l'écorce. 
 
Les assemblages cousus avec les racines,  sont étanchéifiés avec de la poix à base de  résine de pin. 

Cette construction est fragile, mais permet des réparations en pleine nature.




De nos jours:
Au Canada, le musée des civilisations à Ottawa est remarquable, pour ses salles d’expositions.

 

Egalement à visiter une des réserves indiennes, par exemple le site Huron proche de Québec.
 
 
Pour information, ces communautés indiennes proposent des stages de fabrication de canot d'écorce, la priorité pour leurs enfants, ensuite ils ouvrent à l'extérieur pour compléter l'effectif.


En France, l'association Thorvald possède un grand canoë de ce type.



 

Je recommande aussi, un film à voir et à revoir: "César et son canot d'écorce",