jeudi 14 juin 2018

Loire-Canal à Chécy et Combleux, le 28 avril.

Pour le week-end du premier mai, l'objectif de la sortie: la descente du Loiret, petite rivière emblématique du département.
Les sources du Loiret sont alimentées par des résurgences de la Loire, alors la première journée de navigation se fera sur le fleuve à hauteur de Chécy. Ensuite, les journées qui suivent seront sur le Loiret.





Pour cette journée, 7 bateaux bois, nous ont rejoints. Les équipages viennent principalement des bords de Loire: de la région Orléanaise, Touraine, Angevine, Stéphanoise. Nos habitués de Chateauroux, Les poissons des Arbres,  sont présents pour cette journée.
La région Ile de France est représentée, ils nous viennent de la Seine-et-Marne, un département voisin.






Les températures sont basses, pour la saison, nous serons à l'abri des coups de soleil  :-) . Suite au picnic, le café a été apprécié.

La Loire est restée haute tout le semestre, aussi la descente se fait sans difficulté, pas de problème d'échouage sur les lits de sable.



Le bourg de Combleux est facilement reconnaissable, avec son ancienne écluse du canal d'Orléans. l'écluse de la Patache.

Pendant sa première période d'exploitation, c'était le dernier bief, les mariniers débouchaient alors sur la Loire. Par la suite, il y a eu une extension , avec le canal latéral à la Loire jusqu'au port d'Orléans.


















La remonte par le canal est plaisant, un petit détour, vers le pont routier tournant, le tablier est bas, 1 mètre au dessus de l'eau.




A proximité la péniche berrichonne "Le Suave" est stationnée, a coté. Depuis peu récupérée , la restauration est au main d'une association "Les Chemins de l'eau", son étanchéité a été revue, fraichement repeinte. Il reste encore la mécanique de propulsion à remettre en service. Cette péniche date de 1930.

A la sortie de Combleux, une halte à la cale à Girard, qui permettait de mettre en cale sèche les bateaux pour leur entretient, l'an passé, la cale a été dégagée et nettoyée pour accueillir "Le Suave", avec ses 27,68m de long, et seulement 2,64 de large.


La balade se poursuit, nous passons les passerelles de promenade. Nous croisons les promeneurs sur le chemin de halage qui borde le canal.
Ensuite, on aperçoit les berges coté nord, qui ont été consolidées et renforcées, durant le premier trimestre, le conseil général à mené les travaux entre la cale et la passerelle de Courtils. Cette décision, faisant suite aux inondations du 30 mai 2017. Le Loing, la Retrève, le Sens et les canaux avaient débordés. Les riverains proches ont été sinistrés lors de cette épisode pluvieux.



Arrivée sur Chécy, au lavoir. Une animation festive règne sur la place au dessus, nous apercevons les comédiens, c'est la période des fêtes johanniques, une invitation, à déambuler avec les badauds.


Et voilà une première journée de navigation dans le Loiret.

mardi 30 janvier 2018

Les Poissons des Arbres voguent sur les projets


A sa façon, l’association valorise les voies d’eau traversant le département et fait découvrir le patrimoine, bâti et naturel, bordant les cours d’eau.
Le but de l’association Les Poissons des arbres est de favoriser la rencontre de propriétaires de petites embarcations en bois, des canots légers portables seul ou à deux, du type périssoires, kayaks, canoës, canots voile aviron, dériveurs, etc.
Les membres de cette association, présidée par Pascal Véron encouragent aussi à la pratique et ouvrent des connaissances (sciences et techniques) se rapportant à la navigation, le canotage, la construction, la restauration… C’est aussi une façon de valoriser les voies d’eau traversant le département de l’Indre et de découvrir le patrimoine, bâti et naturel, bordant les cours d’eau.
Kayak en papier
En assemblée générale, samedi matin à la MLC Belle-Isle, Laurent Chassin, secrétaire, a rappelé les différentes sorties qui ont ponctué l’année : séminaire Carré des canotiers à Tours, canotage sur le lac d’Éguzon et à Nogent-sur-Marne, parade nautique aux Flambeaux à Argenton, Fête du canot en Suisse, Journée du patrimoine au château de l’Islette, mise à l’eau du kayak « Larée-Cup 2 » au festival de Loire à Orléans… « La “ Larée-Cup 2 ” est réalisée avec du papier ordinaire de 80 g », précise Pascal Véron, créateur de l‘embarcation. Le kayak, dédicacé par Antoine lors de son passage à Belle-Isle dans le cadre de Connaissance du Monde, a également été peint par des personnes en situation de handicap lors d’un projet pédagogique. En novembre dernier, un canoë Seyler a été offert à l’association.
Parmi les projets, deux sorties sont prévues en juin à l’occasion de la Loire domaniale en fête et la régate 1900 à Cenon-sur-Vienne. En juillet, Les Poissons des arbres participeront aux Temps fête à Douarnenez, à la retraite aux flambeaux à Argenton, puis, fin août, aux Rendez-vous de l’Erdre. Ils seront également présents aux Journées du patrimoine, en septembre, et au Forum des associations à Belle-Isle. « Nous souhaitons également expérimenter une idée d’expositions entre livres et canotage à travers les bibliothèques », a ajouté Emmanuel Alassoeur, trésorier, qui a présenté également une trésorerie équilibrée.

Site : lespoissonsdesarbres.blogspot.fr Permanences le mercredi, de 18 h à 19 h, à la MLC Belle-Isle.

Gilles GUILLEMAIN

Correspondant NR

jeudi 28 décembre 2017

G. FOUQUET Construction Maritime à Lormont




La commune de Lormont, est située à proximité de Bordeaux. C'est ici que l'on traversait le fleuve.

La cité se développe sur la crête, sur la rive droite de la Garonne. Au pied du bourg est constitué un port, d'où les passeurs font la navette avec Bordeaux.
Une situation stratégique qui lui vaut d'être choisie comme lieu de résidence, d'abord par les archevêques de Bordeaux, puis par les rois-ducs et princes d'Aquitaine. Au château de Lormont, nait Richard II, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine.



La pêche et le commerce font partie intégrante des activités économiques de la ville. C'est un peu plus tard que s'installent les chantiers navals.





Le plus grand voilier "France II", a été construit à Lormont en 1911: un 5 mats, cela permet d'imaginer l'intense activité qui a pu régner durant 2 siècles de construction maritime.

Le charme des coteaux de Lormont attira au XIXe siècle de nombreux poètes, femmes et hommes de lettres.


A Lormont  au XIXe siècle, le dimanche les bateaux accostent pour déposer les Bordelais venus se divertir dans les nombreuses guinguettes bordant le fleuve qui servent les "aloses" (savoureux poisson de l'estuaire), les "gratons" (charcuterie locale) accompagnés d'un petit vin blanc régional. 
Après les lignes des chemins de chemin de fer, en 1901, Lormont accueille sur la place du Port le premier tramway permettant aux Bordelais de découvrir la ville. 




Les FOUQUET étaient apparentés aux MONIMEAU, et aussi aux FAURE et aux GARITEY; les hommes de ces familles étaient pratiquement tous matelots ou charpentiers de navires.
Ce chantier naval, est situé en  bordure de fleuve. Au 41 Quai Rouffiac, il correspond de nos jours au Quai Elisabeth Dupeyron.

Dès 1800, il y a eu plusieurs petits chantiers navals successifs, tenus par la famille FOUQUET.



La construction évolue, pour répondre à la demande des amateurs de canotage. Avec les constructions de bateaux de pêche, de travail, de sauvetage, la maison construit des youyou, des périssoires, des yoles, des monotypes, des loups, des canots automobiles, puis des yachts.



Les ateliers possèdent leur propre cale, lui servant outre à la mise à l'eau de ses constructions navales, et également à effectuer des réparations d'entretien et de carénage.


Le constructeur s'est peu a peu spécialisé dans la construction de plaisance, de petits bateaux, périssoires et canoë canadien.

Au catalogue un modèle "canadien pour descente de rapide":



Au catalogue le canoë type mer:





Ci-après, un magnifique canoë canadien, en parfait état, modèle genre "Origine".
Les bordées sont en Spruce, une virure est en acajou. Accastillage complet avec gréement,  voile, safran, quilles latérales,...


Les périssoires: embarcation populaire. 
Celle-ci, en cours de restauration, fait 4,35m de long, et 74cm de large, en acajou, clous en cuivre, bouchons de vidage et anneau en laiton.




D'autres constructeurs Lormontais se sont convertis vers la plaisance: BONNIN Quai Chaigneau à Lormont.
Bonin s'oriente vers une clientèle fortunée, amené par les architectes SAHUQUE, PICAMILH, ...
L'explorateur des zones polaires Jean-Baptiste Charcot (1867-1936) s'est fait construire son premier bateau « Pourquoi-Pas ? », cotre de 19,50 m (20 tonneaux), par ce chantier naval Bonin. Ce chantier ferme en 1970 à Lormont. Le site d'Arcachon perdure, l'activité du chantier se concentre sur la rénovation de bateaux anciens.

Concernant le chantier de G. FOUQUET, à ce jour, nous n'avons pas connaissance de la date de cessation d'activité, les recherches se poursuivent...

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Le port d'attache du thonier Arawak est Lormont


Mes remerciements envers la Société des Amis du Vieux Lormont, pour leur partage de connaissance, notamment le catalogue du chantier naval G. FOUQUET, qui est riche de renseignement.

vendredi 1 décembre 2017

BAZINET 10 r de Loigny ORLEANS


               


Le constructeur E. BAZINET est inconnu du grand public, voir même des passionnés.
En effet, il reste peu de trace de son activité.

-A ce jour aucun de ces bateaux naviguent sur nos rivières.  

-Une périssoire est en réserve au Musée de la Marine à Châteauneuf/Loire

Récemment une autre périssoire ayant appartenue au peintre Messemin est exposée dans ce même musée. Celle-ci est pontée, peut emmener 3 personnes, et peut être gréé au moyen d'une petite voile. 


-Ce constructeur est nommé dans l’ouvrage « Plaisance en Loire » de Louis PILLON, avec une photo de 1929 ou figure un petit voilier provenant des ateliers de Edmond BAZINET.


-Dernièrement un passionné de Marine, nous a fait découvrir une yole et une périssoire de ce chantier.


Voici pour les seules  traces qui nous sont parvenues.





L’atelier est situé dans les nouveaux quartiers ouest d’Orléans :
  - Le quartier Dunois.

Tout d’abord, un rapide résumé historique. Suite à la défaite de 1870, Orléans, devient une base retranchée de la Capitale. Les jardins, vignes  et vergers laissent place aux casernes, et autour d'une place s'organisent de nouvelles rues avec commerces, artisans.

Ce nouveau secteur attire  une population liée au développement des chemins de fer, de l’enseignement et de l’armée.
                                      

La famille BAZINET est déjà propriétaire début XIXe, Son aïeul, François BAZINET est « Jardinier », il vit de sa culture maraîchère, il réside  Faubourg St Jean au 22 en 1838, puis Quartier des Mares des Solognots en1847

C’est son fils Auguste BAZINET, qui ouvre l’atelier dans la Venelle de la Boëche. Cette venelle se poursuit par la venelle des Vaupulents. Ce nom  vient de "riche et opulente vallée", dans les anciens textes il est écrit "valis opulenta".

Auguste BAZINET est menuisier lors de son mariage en 1870. Ensuite lors du mariage de son neveu en 1893, il est  « constructeur de bateau » dans la nouvelle rue de Loigny au 10. Son atelier est englobé dans la création du quartier.
                                               

Il est tout de même surprenant d’avoir un constructeur de bateaux éloigné à plus d’un km du fleuve.

Probablement, la demande est là. L’influence de Paris et la mode du canotage  ont soufflé sur Orléans.

La marine de Loire va disparaître, supplantée par les voies ferrées. Et le canotage va faire son apparition.   

                      


Son neveu Eugène BAZINET  est devenu menuisier. A-t-il travaillé avec son oncle Auguste ? Dommage,  rien ne le confirme.

Il habite, la rue voisine: au 7 rue de Coulmiers  . Son père Adolphe BAZINET réside au N°6 de la même rue.  

Son apprentissage à certainement été fait dans la famille, il y avait des liens étroits : à sa naissance son oncle Auguste est venu témoigner pour la déclaration en mairie.

Ensuite il sera employé, dans son domaine d’activité à la Société Vierzonnaise (au recensement de 1906).

                    

C’est son fils Edmond BAZINET, qui viendra en renfort dans l’atelier, puis il assurera la relève. Il réside avec  son père au 10 rue de Loigny.

La numérotation de la rue a probablement été refaite. Celle-ci a été réduite. Avant la rue traversait de part et d’autre la place Dunois.

La rue coté Boulevard  a été rebaptisé  et pris le nom du commandant en chef des armées alliées, Ferdinand FOCH qui a officié a l'état-major du 5ième Corps à Orléans. Il vécut au N°5 de cette rue de 1906 a 1908. 
  


Parmi les personnalités, on peut citer Charles Péguy,  né en 1873 dans ce secteur d’Orléans à proximité du faubourg Madeleine.
De 1879 à 1885, il fréquente les classes de l'école primaire annexe de l'école normale d'instituteurs  au Faubourg St Jean, à deux rues de chez notre constructeur de bateau. (voir plan ci-joint) Charles Péguy quittera Orléans avec son baccalauréat en 1891.



Voilà où vit notre constructeur Edmond BAZINET: un  quartier en plein émergence, avec une ville en développement également .


Pour ce dernier constructeur, il reste 3 périssoires, et une yole:  des bateaux pour le plaisir de naviguer. A venir, un prochain article détaillé sur ces embarcations du val de Loire.


Au vu de la conception des bateaux, le menuisier était habile.

Les périssoires sont élégantes, brillamment assemblées pour résister, les sections de bois  ne sont pas trop épaisses, pour garder une légèreté.  Suffisamment large pour assurer une stabilité, il est même possible d’ajouter une voile.



Une périssoire, en tout point identique. 12 km en aval d'Orléans.
                


On notera que notre dernier constructeur Edmond BAZINET, s’est marié avec Germaine SOREAU à Olivet. Tous deux sont pourtant originaires d’Orléans, pourquoi ce choix ?

Olivet c’est tout un symbole, Olivet est renommé pour ses guinguettes et son canotage sur la rivière du Loiret. C'est le lieu de détente où se rendent les Orléanais, pour passer une journée à la campagne et profiter des plaisirs de l'eau. Nul doute qu’une partie de son ouvrage voguait sur la rivière. Les noces, ont probablement été fêtées dans un des restaurants, guinguettes des bords du Loiret, à proximité des loueurs de canots.  
                   



Parmi les archives, BAZINET Auguste, est  le seul constructeur de bateaux recensé sur Orléans (recensements de  1906 et 1911).